I can fly

I believe te penses-tu
Tête d’âne-veau avec la nuit à la ville qui défile à la vitre
Comme une pelote d’immeubles
Une chiffonnade d’ombres
Tu penches ta tête dans les touffes du vent
Et tu signes des chèques en claquant des fans d’œil
J’achète tout ce que je croise à plus 90 km/h
Parce que c’est illégal
D’une paupière fleur-odorante
et pourquoi pas faire acte de scission
Sciemment
prendre des armées d’armes
des tas de tanks des légions de poufs chauves
et le grand tétrasaure de titane
frappeur d’anéantissement algorithmique
pour vivre un jour de grosse éclate
avec du sang sur les mains
un soleil majeur d’août
des poings en forme de citrons pompom-girls
et finir par s’égoutter comme un lardon au fond d’une poêle sourde
sous les ruches bourdonnantes des gras sarcastiques
perdre un peu de sucs mal assortis
les mauvaises humeurs
traîner une vieille trombine à suppositoire mélancolique
déstabilisante
ou je suppose
totalement le contraire
tu devrais avoir l’air happy et
des boulettes de bonheur plein les joues
au firmament
faire oui oui
sourire spaghetti.

visage bleu

visage bleu
tu avais l’air de rien et je ne m’y attendais pas (je ne m’attends plus à rien) on m’a touché puis comme le voile subtil qui soutient l’illusion la vie s’est retirée (la vraie vie) celle qu’on poursuit inlassablement et malgré tout, nous avons vécu (survécu tu m’as touché) (quelque chose de l’ordre du toucher) d’un contact qui ne dit pas son nom (rien ni personne ne porte bien son nom) mais quand même, il y’avait ce quelque chose (et son absence) notre rire qui remplit le vide (de son absence) néanmoins il nous manquait le mot (le nom) la chose (en ton absence) (en son absence) tu avais l’air de rien dite comme ça et pourtant je tombais (je tombe inlassablement) j’ai l’habitude des chutes et des muscles à tendre pour se relever du vide ainsi creusé entre nous (l’attente aux alentours)
nous sommes heureux (c’est donc de cela qu’il s’agit) (du bonheur qui circule entre nos doigts) traverse nos peaux (supprime ce qui en soi nous limite) nous partageons notre bonheur (nous sommes heureux de ce qui nous traverse) il neige des pelures de peau sur ta peau ça nous surprend (nos deux corps que tu avales avec ta grande bouche) plus rien ne m’étonne nous sourions unis comme deux âmes athées (entées à un dieu mort) la neige tombe phosphorescente et douce (tu ris de mon incapacité à pleurer) nous pleurons de rire et d’amour (de mon incapacité à pleurer) nous sourions de notre inconséquence (à perdre la peau de nos deux ou trois bouches) corrompu jusqu’à l’os (le bonheur se trame à l’horizon)
nous passons à côté (ou bien de l’autre côté) (il n’y pas d’autres manières de passer) nos deux corps l’un après l’autre (l’un à côté de l’autre) (l’un contre l’autre) sans s’encombrer d’une question (ou d’une autre) le bonheur nous surplombe (nous sourions) il n’y a pas lieu de s’interroger (tu m’interroges je t’interroge) sans conséquences (je m’interroge) (nous sourions de notre inconséquence) je n’ai pas lieu de pleurer (tu essuies mes larmes) nous avons tout pour en rire (je n’arrive pas à pleurer) c’est à cause du produit à l’intérieur de toi (de ce qui se produit en toi) il n’y a rien qui se produit en moi je te répète (tout se produit en toi je te répète) je me répète (c’est d’amour qu’il nous faudrait parler) oh oui,

Comment sortir

Comment sortir de sa coquille
Comment sortir avec une belle fille
Comment sortir de son lit quandon n’a pas envie de le faire
Comment aider quelqu’un à sortir de la solitude ?
Comment sortir du nucléaire ?
Comment sortir de la friendzone ?
Comment sortir de sa « bulle culturelle » ?
Comment sortir du cercle vicieux ?
Comment sortir de l’emprise « djihadiste » ?
Comment sortir d’un bunker au golf ?
Comment sortir de la dépression ?

Je ne veux plus écrire

Je ne veux plus écrire
Je ne veux plus du tout
Je ne veux plus sentir mon ventre qui déborde
Je ne veux plus vider mon ventre qui déborde sur les feuilles religieuses
Saintes feuilles religieuses, comme vous avez tous aussi
Le visage très religieux
Quand vous lisez.
Je ne veux plus travailler à écrire et que ça mange ma santé
Mange mon moral et ça m’étouffe d’ambition
Je ne veux plus de l’ambition
L’ambition c’est trop nul
Je ne veux plus être le gros steak ambitieux
Dans son jus d’échalote ambitieuse
Dans sa préparation à devenir quelqu’un
Sa marinade propre
Ça me fatigue être quelqu’un
Ça m’intéresse pas
Je ne veux plus trop résister
à pas être les autres je veux me vautrer dans les autres
Dans la voix des autres ceux qui en ont une,