Moncorest (par Johan Grzelczyk)

mon corps est un astre qui impacte le sol
mon corps est tremble la terre à chacun de ses pas
mon corps est une pierre que l’on jette au loin
mon corps est en rebond avant que d’être éclats
mon corps est un minerai qui recharge la nuit
mon corps est une anaphore mais encore
 
(mon corps,
entre limon et limaille)
 
mon corps est une contrefaçon et une défroque
mon corps est un havresac que l’on perce
mon corps est une poche poitrine qui se vide
mon corps est une larme qui coule sur le tien
mon corps est trempé de la boue de ta bouche
mon corps est dépose d’un colis suspect
mon corps est en partie génital
 

L’odeur de la pluie

Les poubelles cachent le vide
Et la voiture
La tache de rouille à la voiture
Juste à l’avant du feu arrière
Cache le vide.
Les graffitis
Sur les poubelles
Cachent le vide
Des poubelles
A cacher le vide,
Et certains gens le savent.
Certains gens
Protègent leurs poubelles
Pour pas qu’on voie le vide
On croit que c’est des cons
Mais non.
On est
Entrés
On s’est
Assis
Tu parlais longuement
De la peinture à faire
Sur ton volet
Pour qu’il te fasse moins
Mal aux yeux sous le soleil
Quand tu étais asssise
Près de la baie vitrée.

tectopoème

enfin faut pas chipoter
tourner trente milles fois sa langue dans sa geignarde à fraise
sans casser sa dalle
faire le turnover du rôtissoire
à chicken-mots
et déballer ses disgusting amorphes
comme quand tu moires le yaourt entre tes dents
ou que tes paroles tu veux leur donner gonflette
les pulper au steak décimale
comme ça tu te chauffes
testo-auréole aux aguets
parce que t’es un engin qui a de la boxe
dans les dix doigts
de tout posséder
le soleil
vissé à la mâchoire comme un crabe mal à l’aise
qui pince pour étendre ton sourire
mec
tu pourrais devenir une machine à sueur
accomplir des rites techno
dans des transes tétaniques
prendre le temps de mâche-moller
la taule à grand frais de râpe à gras
pour être bien dans ta carcasse
pour avoir un corps
oui c’est ça
qui date de chaque jour
pas
périmé
 

Cracher dans l’crachin

Bruit du blanc brut et mat
Tout là
Tout là
Tout occupé à battre
Tout occupé à se plonger dans le silence et
Tant qu’on
Ne pourrait pas
Même en essayant bien
Se replonger dans autre chose.
C’est-à-dire on pourrait
Bien sûr que si, on pourrait
Se replonger dans autre chose
Après tout rien
De plus que tout ça tout
Ce qui s’est passé quoi
Rien
A foutre après tout
Après que ça se soit passé c’est
Plus rien,
Plus rien du tout,