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Les POèmes

à l’évidence de ton corps

à l’évidence de ton corps (qui surgit quand le mien s’abandonne aux images de l’oubli) le ressouvenir et ses aplats de mensonges (toutes ces couleurs à travers tes yeux aveugles) les miens aveuglés de folie et d’amour (de folie avant tout) (nos quatres yeux un amour si difforme) (grimace) plus à propos peut-être (déformé par ce qu’il m’était impossible alors de voir) de ce qui littéralement m’arrachait le regard (corps violenté) (marqué, manipulé) et la raison s’égarant dans le souvenir de ta peau oubliée (tes mains froides) contre les miennes (moites) (mains qui manipulent) ton corps (moi qui suis malgré moi) (être d’un au delà ou au delà d’un être) en deçà (je ne sais plus) d’où proviennent tes murmures (ces paroles) à peine audibles (qui résonnent) au travers (du couloir des sans pas) le bruit de tes pas (derrière moi) ton corps (à l’évidence) qui me suit ? (que je suis malgré moi) comme une ombre ne craignant pas (les rais de lumière)

non-état (état de confusion charnel et mental) ne suis plus dans ma peau (endossé une nouvelle peau) la tienne (que tu m’as abandonnée) toi qui n’es pas (qui n’es qu’aucune) tirer un trait sur l’histoire de nos os (encastrés dans le décor) un amour mourant (d’être mortel) que tu disais pourtant (avec tes mots d’amour) éternel (nous avons l’éternité devant nous) me disais-tu dans un sourire charmeur (et je te souriais alors) (bêtement) béatement (charmé par ton sourire charmeur) moi qui ne suis rien (petite bête d’amour) (revêtue de ta peau) et les suées froides (qui maintenant déchirent le corps et le maintiennent) corps entier encore tremblant (des ravines sur la peau) et les larmes (larmes idiotes) qui ne cessent de tarir (parfois un éclat de sommeil) et tu me trouves (à rêvasser) dans tes bras (bras qui s’allongent) comme de longs fleuves (au sein desquels se noyer) réveiller les yeux trempés (surpris dans) les draps (à suffoquer)

la débâcle des corps désossés (la peau du souvenir qui se dissout) se régénère dans le regret de l’événement qui (peut-être) n’a jamais eu lieu (qu’en conscience) (miroir dément d’un temps éclaté) perdu (à tes yeux) projectiles de fantasmes arrêtés (poursuivre une ombre) obsession poursuivie (insatiable) par un temps clair et en certains endroits (l’obscurité qui au sortir) de ta bouche (viendrait noircir les plaies restées) entrouvertes (le diaphane d’une peau) (seconde dans le temps) d’être révélée (yeux noircis) photographies de l’infini (un espace commun) d’aucune mesure commune (aux commutations hallucinées de tes lèvres démentes) aimants attirant à soi la noirceur du jour (les linéaments iridescents des souvenirs écorchés) souvenirs travaillant à écorcher nos peaux (leurs peaux propres) à oublier le corps dément (métaphores) d’où déplacer les tissus mensongers du temps (et de l’espace) dire comme (tomber en lambeaux)

œil crevé d’où sortir (volatiles de malheur) (ton sexe exaucé) nuages roses (trous noirs oublieux) mémoires d’étreintes (à l’heurt des débris) l’ordure aux lanières de nos peaux (le temps tisse) détisse nos peaux (tissu complexe dont défaire la toile) étoiles à gratter (les peaux mortes de l’oubli) reviviscences (états seconds) éternité d’une seconde fois (états seconds) tyrans infantiles (tirer sur la corde) suspendu (aux seins de celle qu’il a aimée toujours) sucer le jus des pendus (quand le regard aveugle s’exacerbe) à la pointe du jour tu surgis (crevant la membrane de nos raisons labiles) croire malgré tout (malgré toi) malgré moi (malgré nous) que les peaux mortes viennent nourrir nos organes creux (désirs anthropophages qui rongent l’estomac) biles amères qui imprègnent l’ossature (les muscles et les chairs) comme s’il s’agissait d’une phosphorescence (aura hallucinée d’un troisième œil) crevé (au sortir de son orbite) tomber dans l’oubli