Dessins

être humain

dessin d'une femme nue

on dirait qu’il y a de ce qui en nous fait être humain (des êtres-humains) on appelle ça un être humain (au dehors de quoi lorsque le dedans l’appelle et l’appuie)

 

certaines de nos parties (génitales notamment) on devient alors rythmé d’une autre fréquence (c’est alors qu’a cours la métamorphose) métamorphose quasi imperceptible à l’œil nu ou non convenu de la chose

 

non plus flagrante (au début du moins) nous sommes toujours des êtres-humains aux habitudes pour le moins codifiées (à des rythmes plus ou moins coercitifs) des paroles familières (dites sous le ton d’une familiarité naissante, envahissante)

 

il s’agit souvent des parties génitales mais il n’empêche (ce sont des sortes de bras) (de sorcellerie) l’éclatement de ma peau en rayons de couleurs (des codes) je ne sais toujours pas ce que je fous là

 

beaucoup de codes à déchiffrer notre déshumanisation croissante (nous devenons autre chose) demande à être décodée nous ne sommes plus libres de nos mouvements ni de nos pensées (cela doit être entendu des êtres-humains)

 

(dont nous ne faisons pour un temps plus partie) nous sommes bigarrés et rigolons colorons de notre statut de non-humain (le temps d’être enfermé) c’est qu’il s’agit d’une fréquence qui nous télé-guide (la familiarité croissante)

alors je m’aperçois (de ma chatte béante et grande ouverte) tripotée par une myriade de doigts étrangers et fantômes (venus probablement d’une autre dimension) je vois le visage de mes camarades qui eux-mêmes changent de couleur à vive allure.

Danse mécanique

personnage double tête

leur danse mécanique et grotesque dégouline (le grincement des dents) celui du sommier leur corps ne faisant qu’un (avec l’implant) l’implacable vague d’âme

d’une scission impossible (on les aperçoit danser) derrière les rideaux clos (on les entends souffler de leurs naseaux en creux d’enfer)

naseaux de fureurs et d’amours chiennes (l’autorité leur tombe des mains) ils dansent alors dessus et à cloche-pied tant ils se foutent pas mal du temps

(demain on joue à la marelle) sur les traces des autorités le corps s’étend dit-on et de son propre chef (depuis longtemps sous aucun contrôle) on le voit s’étaler piteusement

demain toujours la même tambouille (il tambourine) on s’en fout disent-ils nous sommes ensemble et nous sommes fous (l’éternité leur tend la main)

le temps s’est arrêté de leur donner le tournis (ils jouent les équilibristes) se jouent d’équilibres dont ils inventent les propres règles (en griffonnant de multiples courbes)

on les entends rire et ronfler de très loin (leur sommeil a la lourdeur des arrachements de paupières) elle halète et se rit d’un cauchemar où l’un d’eux devenait chien (ils aboient tous les deux à la lune et se reniflent le cul)

toute la nuit ils ont dormi cul nul (sous la lune) ils ont dormi cul nul toute la nuit sous la lune l’un blotti contre l’autre