Les POèmes

Écris ton nom.

Quand les masures à se courber
Comme vieilles personnes emplies avec
Replets, pleins air d’obscénité te jetteront
Yeux électriques avec
Éclairs très jaunes dans le sang des yeux
Qui partent de leurs yeux
Jusqu’à
Ton front,
Écris ton nom.
Quand toutes les jointures, plaques,
Toutes à l’ineptie
De camoufler et lier les mondes où s’engouffrent
Comme en un lac tous ceux des autres emmêlés
Ne tiendront plus les cris
Ne tiendront plus les mains
Ne tiendront plus les affections et les menaces et les chants des monstres
Par-dessus ceux des autres
Mets le tien.
Mais surtout garde en tête / que tout ça c’est rien plus / que campagnes de pub / que de toute manière / tout est en campagnes dans ville / tout campagnes de pub / tu vas chercher des clopes / c’est l’autopub / tu vas chercher l’amour / c’est l’autopub / tu rentres dans discussions / c’est l’autopub / tu t’en vas marché / c’est l’autopub / tu achètes légumes / c’est l’autopub / tu les prends de saison / c’est l’autopub / merci bien / l’autopub / bonne journée / l’autopub / tu / l’autopub / rentres / l’autopub / chez / l’autopub / toi / l’autopub / et tu te pelotonnes dans un coin noir de couette / et / là / encore // autopub de la couette.
Tu vis dans l’autopub. L’autopub et la pub et puis en permanence chaque geste a potentiel de ruisseler sur d’autres.
Tu
Coules, et
Et
Et toi aussi d’ailleurs,
Toi aussi en tant que masse sociale tu te fais couler.
Croule,
Tu cours.
Cours,
Tu t’écrouleras.
Sous la réclame et les réclames et la réclame et les réclames
Tu t’écrouleras.
Sous la réclame et les réclames et la réclame et les réclames
Iniques et alors
Faut bien le dire aussi : déséquilibrées :
T’écrouleras.
Quand les masures à se courber
Comme vieilles personnes emplies avec
Des yeux qui leur feront des éclairs sur les coins des tempes
Te presseront
Comme un citron
Si ça merde, dis-toi
Que t’as tout sur le dos.
Que t’as tout sur le dos
Et les reins bien solides.
S’ils s’arrêtent concis
Et pointilleux
Dans toutes fouilles qu’ils feront
L’air amusé béats
L’air dédaigneux béats
L’air écœuré béats
S’ils se retirent en laissant dans l’air
Coupable leurs éclats de rire,
Et leurs condamnations,
Transporte ce qu’ils ont laissé,
Tout ce qu’ils ont laissé,
Jette très loin
Regarde pas.
[ Furent les épisodes où le mot gueusch semblait avoir été créé pour toi. Où toutes crasses semblaient tiennes. Rebut de l’ongle sale. Rebut du cheveu gras. Rebut de la poussière au kilogramme. Il y avait dans ton sillage l’odeur du sébum excitée par celle du synthétique et ta démarche chaloupée te rendait ridicule. ]
Transpire.
Ça reviendra toujours
Les bruits
Dans les soirées d’hiver
Avec la sale odeur de clope
Et le goût tabac froid,
Et puis plus tard aussi
Ce jour sur les poubelles
En bas -dans le quartier-
Quand ta première cigarette t’avais fait vomir
Un paquet de bonbons
Que tu avais gobés,
Encore identifiables,
et les rires.
[ Furent les tentations de vouloir jouer les forts. Furent les soirées longues sur le toit de l’école à attendre les flics en caillassant l’immeuble en face et riant du gardien, pendant qu’un peu plus loin des livreurs de pizza se faisaient démolir et repartaient à pieds. ]
Si ça merde dis-toi
Que se tiendra toujours
Sur un côté de toi
Ta honte,
Et qu’elle est insolvable.
Qu’il y aura toujours
D’autre côté de toi
Ton sentiment d’être coupable,
Qu’il est indélébile.
Qu’on a la compagnie qu’on peut.
Que d’autres vont sans rien.

Super Ventre

l’air d’une fin de race à seulement lui tout seul
sans dec
à siffler du cola comme des salamandres en chien
du bois des hiboux
Rôôô le même ton dans les nuages du soir
du glucose COLLANT
sur les mains pas agréable
et le soleil prend un bain tout
entier
Nota bene du docteur Salgado :
Notre civilisation est particulièrement définie en graisse
elle est la plus flasque qu’y est eu
aussi loin qu’on remonte
il n’y a jamais eu autant de flan sur la terre
CQFD : Aphrodite est une frite
il a le style il sait pas d’où
avec sa gueule à la lumière en sourdine
cristalline
une vraie baignoire à princesses
des anguilles de petites sirènes
des crabis qui font du hand spinner avec des étoiles de mer
pour se la péter
quand se remettre à l’eau
par dedans fermer tous les synapses
les corps connexions les inter-fonds
entre-frôlement
les grills à pulsions nucléiques
entrechoquant
la semis des burgers
le suc des ketchups
t’en balance plein des naseaux plastiques
t’sais pas pourquoi
doucement doucement tu danses mais on dirait que t’es plus qu’un suçon
on t’oublie aussi vite que la peau fait son deuil
tout passe tout passe
dans une descente de feu
sent le sale
plus qu’un filet de salive et descends
de bouche en bouche
par-dessus les salves de nacre les vents carmins
par-dessus les lèvres mauve les étangs de lards
les géhennes les géhennes c’est beau ce mot
les géhennes les GIGN
(ça ressemble)
tout le monde
mange tout ce qu’y a bon goût
et bonne tête
bon management
un jour ton ventre
sera managé
il y aura un mini-manager
tout mignon
à croquer
un nano-beau gosse
qui te managera tout ça toute cette
bestiole
sale qui pue.

Et au cœur

Il a mal au bide. Et au cœur. Tente de se lever, y arrive en se tenant le bide, les genoux remontés vers la poitrine et relever le haut du corps. Ce qu’il ne faut pas faire : mettre les mains vers l’extérieur, vos mains doivent servir au Saint-Esprit et lui être consacrées, quand les conditions de son trajet sont générées aussi par nos gigantesques escroqueries, nous on dit que là, la Politique est passée d’une logique de qualification à une conception de l’intervention publique par l’accompagnement au pipeau de berger ou quelque chevreau qu’on égorge, i’ reste le couteau dans le bide ; mais ce coup-là i’ peut plus gueuler contre les Noirs, il leur doit la vie. Il continuera de lire son journal, comme si de rien n’était. Peut-être que c’était à la base un enfant dégueulasse, qu’il était fait pour ça, pour être « cracra » alors qu’elle adore l’eau ! Elle aimerait rester toute la journée dans le lavabo ou encore mieux dans le bidet et que l’eau lui coule sur le ventre pour attendre qu’elle lui arrive au cou pour pouvoir sortir de l’eau, et être le premier vivant à le voir, avant Maman et avant qu’il nous regarde de près, et qu’il veille cependant que nous dormons avec nos bébés contre nous pour nous bouffer les miches, vous viendrez pas pleurer ensuite ! Il se décide suant. Non, on pleure pas nous… on t’écoute, on est PTDR, claquer du biff comme si c’était mes règles, je pense que tu peux espérer 1450/3 = 480 € de loyer, chambre de bonne minable dans le 17ème arrondissement de Saverne, département du Bas-Rhin, sont admis à établir leur domicile en France, pour y jouir des droits civils tant que je suis pas par terre, rien ne m’empêchera de conserver le souvenir de l’accueil amical que vous m’avez fait, mon général, et de chercher l’occasion de vous expliquer la technique de chirurgie du ventre la plus adaptée et ce que vous pouvez en attendre. Le  Roi a disposé de la charge de Conseiller d’Etat, vacante par la mort du Sieur Bidé de la Grandville, en faveur du porte-monnaie féminin, déjà plus dégarni de 25 % en moyenne, et chèrement acquise, se résume à engraisser les distributeurs déjà obèses et en bonne santé, un équilibre s’établit entre les habitants de catégories différentes, mycoses, virus, bactéries, vers parasites, y’a même un mode zombie, c’est très rigolo, on imagine bien toute la scène. J’ai déjà une Femmecup, mais je la trouve parfois trop rigide, surtout au moment le plus sensible, proprement crucial, du discours que je t’adresse. Avec cet aveu tout bascule, sous la pluie, comme des particules, toi et moi on était malades, on avait mal au bide, on est remontés dans le car en se marrant, après ça, on a tous été très impressionnés par le niveau de menace qui frappe le pays et par les risques qu’il engendre, lie tous les Etats du monde et les rend objectivement solidaires. Aucun d’entre eux ne peut être laissé se rassembler sous prétexte de Cérémonies de Mariage, de Fêtes ou de Danses, sans la permission de ce Prince, et de lui donner le quint et le dixième de tous les biens qui venaient de crever sur le dos de leur mère parce que, primo on avait collé par erreur des pesticides dans leur pâtée, deuxio, ces conneries de patriotisme funéraire, c’est du flan, viens donc remoucher nos domaines, de nos fours goûter la chaleur, crois-moi, c’est rien comparé aux autres clébards qui sont morts ici, ils ont été enterrés ailleurs.

 

Le jour le ventre

Il faut beaucoup de bruits, beaucoup de lumières, autour de soi pour ne pas apercevoir que germe, que s’étend à partir de là où on savait, depuis longtemps, pouvoir le trouver, à partir de cet endroit que le doigt sait précisément toucher sans se tromper, et jusqu’à plus loin qu’on aurait cru qu’il puisse aller, à vrai dire si peu soucieux de lui et de son emplacement que la pensée même de son éventuelle extension aurait été étrangère, intruse dans un corps, une trajectoire du corps miroitée et remiroitée dans ce qu’on appelle la tête, intruse dans une trajectoire du corps jamais retardée ou déviée par l’attrait de ce que contiennent les territoires intestins ; il faut beaucoup de bruits, beaucoup de lumières autour de soi pour ne pas apercevoir que s’étend, de proche en proche, à son plus haut niveau la nuit, et retiré, retranché, le jour dans son repaire dans un creux de l’estomac, mais chaque jour un peu moins retiré, laissant le souvenir de sa présence là où il vivait en maître la nuit, laissant quelque chose comme l’empreinte de lui-même dans les boyaux, l’empreinte du maximum de son extension, comme pour le fleuve son lit et la trace sur les murs de ses plus hautes crues, laissant quelque chose comme son odeur, moins que l’odeur, le souvenir de l’odeur encore dans le nez et qui fait craindre, quelques instants, à celui qui la sent, de ne plus jamais pouvoir s’en défaire, de ne plus jamais pouvoir goûter à, l’air frais, l’innocence de l’air frais, de ne plus jamais pouvoir respirer tranquillement, à l’abri des intrusions de ce qui menace de s’étendre, conquérant, insatisfait de n’être maître que la nuit, de n’être maître que de la nuit, la nuit nourri de ce que l’immobilité du corps peut suer de pensées quand s’arrêtent les rotatives qui nous entraînaient avec elles, requérant toutes nos forces pour nous traîner avec elles, quand s’arrêtent toutes les demandes, toutes les nécessités de faire ceci ou de dire cela, qu’il ne reste plus que la fatigue qui finit toujours par nous attirer à elle, et nous allonge, nous immobilise, et, déserrant les mains, laisse s’envoler les voiles que l’on avait tissé autour de soi pour ne pas se regarder, et fait suer les pensées dont se nourrit ce qui, situé dans la ventre sinon le ventre lui-même, essaye de s’accroître ainsi nourri, essaye de trouver une forme en dehors de la nuit, essaye de supporter la lumière qui jadis parvenait à le brûler, la lumière du jour dont la chaleur lavait la carcasse des rêves dont elle s’était alourdie ; quelque chose dans le ventre essaye de s’habituer aux brûlures de la lumière du jour, quelque chose dans le ventre se sent à l’étroit dans le ventre, se sent à l’étroit dans la nuit, et tentera d’annexer le ventre, puis la nuit, puis le jour, et enfin la peau qui ne pourra plus rien toucher sans en faire une proie, un moyen de donner forme à ce qui, caché dans le ventre, cherche à s’étendre.

La nuit le ventre

Certaines nuits le ventre tire à lui les sucs perdus par toutes les petites incisions du corps, individuellement dérisoires, négligées le jour par l’attention serrée aux yeux, aux bras tendus et mains fermées. Ces nuits le ventre éveille, luit du mauve des meurtrissures avalées, couches inférieures du fruit blet, et appelle pour que quelqu’un l’écoute, m’appelle moi le premier, moi qui suis seul quand mon ventre gronde, me gronde d’avoir couvert sa voix de ma voix, et pour une fois ne peux que me taire obligé de considérer sa présence. La nuit face au ventre, les yeux tournés à l’intérieur, le visage comme paroi commune à la tête et au ventre, plus aucune plaisanterie ne vient à l’esprit, à la voix, n’ayant plus personne à qui les raconter, et les poumons ne s’éclairent de plus aucune lumière extérieure, tout ayant pour une fois arrêté de scintiller autour de soi.

La césarienne

Moi quand on m’a annoncé qu’on allait me faire la césarienne, je me suis dit qu’un jour je ferais sortir toutes ces piqûres de mon corps dans mes ovaires et sur le pelvis, eh bien regarde et fais comme lui pour des dorsaux bien dessinés et des trapèzes, notamment lorsque l’on est souvent penché sur un écran, ce qu’il y a à l’intérieur du ventre , comme un petit périscope quand elle est sur le ventre, tète tout ce qui lui faisait si mal, trois pommes, une balle, un gâteau d’anniversaire, des spaghettis, des saucisses et des pieds de cochon, des boudins, noirs, roulés comme des couleuvres agiles à ventre jaune de l’Ouest dans le sud de la Chine, cette femme chinoise se plaignait de douleurs au ventre de plus en plus fortes, elle est donc allée chez lui et, dès que l’homme a ouvert la porte de sa maison, elle lui a planté un couteau dans le ventre en disant: « Je vais te tuer », puis elle a fini par lui mordre le petit doigt pour lui montrer que je n’ai ni faim ni soif, mon coeur battait irrégulièrement, j’ai eu des difficultés à respirer, un effort musculaire ou intervention antérieure sur l’abdomen, l’intégrité de la paroi abdominale est restaurée par une intervention nommée plastie abdominale, la plastie abdominale est idéale pour perdre son petit ventre rond mais plutôt de retrouver une forme humaine, éventuellement féminine, et devient alors un fœtus, ses neurones se connectent permettant de ressentir une sensation de bonheur et de mieux lutter contre toutes sortes de troubles gastriques qui se manifestent par des douleurs au niveau du foie et par un reflux gastro-oesophagien isolé, défini par un reflux avec cardia en place, une protrusion d’une partie de la grosse tubérosité dans le thorax, qui expose au risque de voir les capitaux fuir la France qui porte dans son ventre une femme-fœtus, baignée par ses eaux amniotiques, c’est d’ailleurs parce que c’est une femme en devenir qu’on ne voit pas bien l’intérêt qu’il y aurait à avoir le coeur dans le ventre au lieu de la poitrine, et en quoi cette position aurait été un élément bloquant, à moins que sans oser le dire vous voulez que le dictateur qui a fait bien plus de morts que Daech et gazer massivement sa population reprenne sa taille normale, après on dirait qu’on a un excès de peau surtout quand on s’assoit et comme il faut pas forcer les abdo il n’y a qu’à le voir draguer ouvertement une spectatrice du premier rang pour s’en rendre compte, un spectacle irrévérencieux mais attendrissant, qui questionne l’idée même de sacré en monnayant son âme contre le mépris de son origine, la torture de son corps et l’asservissement de la vitesse Ωm du moteur à une référence numérique fournie par le calculateur de variateur à partir du ventre de la maman, qui peut accueillir le bébé pour ses premiers jours à l’extérieur du ventre de la mère.

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