Catégorie :

Les POèmes

Et les poètes ne sont plus en rages

Les gens filent des métaphores
Les gens et moi aussi j’enfile des métaphores
Les j’en fais de ma vie un grand collier de perles
Les ma vie successions de perles, pertes, perles, pertes, perles j’enfile.

Filles de putes
Fils de putes
Filles de bâtards
Fils de bâtards,
Engeance issue de conformistes
Ne jettera dans creux des villes
Que smileys pour mollards
Que gifs animé pour vices

Et les mots
Pour dire la colère manquent
Et les mots
Pour dire la colère
Stigmatisent des communautés
Et les mots
Pour dire la colère
Ne sont plus de bon ton dans les milieux anars
À la place on n’invente
Rien pour l’instant à ma connaissance.

Et les poètes ne sont plus en rage,
Dans les couloirs aériens ils sont
Quelque chose du genre.

C’est pas
Dans les autoroutes du ciel
Dans les sphères qui roulent dans la graisse au milieu des joues
Des convaincus
Qu’on invente une langue,

C’est pas
Les yeux dans son miroir
Qu’on invente une langue, et
Pas
Dans des partouzes d’aliments à 18 balles
L’entrée
Non plus.

Et mes amis n’ont plus leurs yeux,
Les yeux rivés sur les scandales
Et les mains plaquées sur la bouche.
Et ma rage n’a pas de nom,
Et ma rage n’a plus de nom,
Ou son nom me dérange.

Nique ta mère, fils de pute
Et putain me manquent.
Comme des compagnons qui auraient
Pris de l’âge,
Seraient devenus bêtes.

Enculé,
Tapette et pédale,
Eux, déjà beaucoup moins ;
Je sais, c’est déjà ça je pense
Que j’ai encore du chemin
À marcher dans la rouille
Pour le jour où saurai marcher.

Ce jour là,
Je viendrai pas seul.