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Les POèmes

Je ne veux plus écrire

Je ne veux plus écrire
Je ne veux plus du tout
Je ne veux plus sentir mon ventre qui déborde
Je ne veux plus vider mon ventre qui déborde sur les feuilles religieuses
Saintes feuilles religieuses, comme vous avez tous aussi
Le visage très religieux
Quand vous lisez.

Je ne veux plus travailler à écrire et que ça mange ma santé
Mange mon moral et ça m’étouffe d’ambition
Je ne veux plus de l’ambition
L’ambition c’est trop nul
Je ne veux plus être le gros steak ambitieux
Dans son jus d’échalote ambitieuse
Dans sa préparation à devenir quelqu’un
Sa marinade propre
Ça me fatigue être quelqu’un
Ça m’intéresse pas
Je ne veux plus trop résister
à pas être les autres je veux me vautrer dans les autres
Dans la voix des autres ceux qui en ont une,
Ceux qui ont cette chance,
Ceux qui ont ce courage.

Je ne veux plus résister indéfiniment
à ne pas devenir tous ceux
Qui m’envahissent, même si
Je ne veux plus que la voix des autres
La pensée des autres s’infiltre dans ma tête
Et me guide les mains quand j’écris, même si
Je ne veux plus écrire.

Je ne veux plus écrire
Je sais plus trop quoi quand j’écris
Je crois pas trop ce que j’écris
Quand je relis après c’est jamais ça vraiment.
Ça me met mal à l’aise quand je relis ensuite
Ça me met mal à l’aise qu’on lise ça de moi
Que tout le monde sache que ça sort de moi
Que toute le monde croie
Que moi j’ai écrit ça.

Personne écrit personne de toute façon je sais très bien
Que personne écrit rien que ça sort pas d’un pouce
Qui se sucerait tout seul
Ou bien vla le teubé
Qui croirait ces bêtises,
Vla le teubé.

Mais sale
Et même sale
Avec deux a
Mais saale.

Ça me met mal à l’aise / Mais saale / Que tout le monde écoute / Que tout le monde écoute / Mais saale / Que toute le monde écoute d’une oreille inattentive / Mais saale / Ce qui sort de moi / Ce qui sort de moi quand je le lis devant des gens / Mais saale / C’est pas obscène ça peut-être / C’est pas obscène ça peut-être en fait de lire devant des gens ? / Mais saale / je ne veux plus jamais être obscène / Mais saale / Je crois qu’il n’y a rien de pire que l’obscénité / Rien de pire mais sale / Je crois qu’on n’est jamais plus obscène que quand on est en train de lire devant des gens / Mais saale / Tout le monde lit devant des gens / Mais saale / Tout le monde a envie que ça soit son tour de lire devant les gens / Mais saale / Et les gens font l’effort d’écouter ce que les gens écrivent / Et les gens se disent intérieurement que c’est nul ce que les autres font / Mais saale / Et quand les gens savent pas quoi écrire / Ils pondent une merde bien méta / Mais saale /

Moi en tout cas moi je me dis intérieurement que je suis bien plus fort que tous les autres mais sale, que je suis salement plus fort que tout le monde et même ceux que j’admire le plus je me dis je les baise mais salement je les baise.

J’ai le petit chienchien mental mais je donne le change.

Je ne veux plus me dire que je suis bien plus fort
Je ne veux plus me pénétrer de ma petite essence trou du cul
Mon extrait trou du cul
Mon huile trou du cul
Mes aisselles trou du cul

Je ne veux plus dire à qui veut quand j’ai trop bu
Je me souviens bien de ta gueule en fait tu sais ta gueule je l’ai vue
Déjà plusieurs fois il y a longtemps,

J’ai vu ta gueule, tu ne t’en souviens pas mais c’était là, et déclamer ensuite tout content tout fier ce que la gueule avait fait, dit et puis bu ce soir là, et dire après en fait je t’ai vu là aussi, et toi tu vois tu ne te souviens pas de moi, pis maintenant tu dis que c’est fixé que tu t’en souviendras, tu dis ça là mais dans cinq ans on se recroise et je te dis encore tout ce que je sais, tu t’en souviendras pas, pas plus que maintenant.

Je ne veux plus remarquer les gens
Je ne veux plus
Faire des petits dossiers sur les gens
Dans ma tête et faire ça
Scrédi Scrédi
Très très scrédi
D’ailleurs personne dit ça.

Je ne veux plus être scrédi
Comme un putain de Samuel Jackson
Samuel L Jackson
Dans ce film Incassable visionné en DVD
Sur une play 2
En quatre jours et trois coupures
Alors que le vidéoclub dirait ensuite
La location c’est que deux jours petit connard
Et maintenant on fait comment
Ta location est en retard petite merde
Allez achète un paquet de chips au barbecue
Et casse toi très loin d’ici petite merde.

Je ne veux plus remanier mes souvenirs
Pour qu’ils fassent plus littéraires.

Je ne veux plus me souvenir de la mandale
Que m’avait mis la vieille truie de Capoulade un jour
Où je venais pour acheter des bonbons.

Je ne veux plus me souvenir
De toutes les horreurs moyennes
Et dont personne se souvient,
Sauf les intéressés.

On grandit pas beaucoup dans des horreurs moyennes
Et quand on a des vraies horreurs à raconter
Au mieux on fait chanteur
Comme Corneille.

Je ne veux plus faire pleurer
Dans les chaumières sans amiante
A coups moyens de vie
Très déchirantes.

JE VEUX ME SUCER LE NOMBRIL
JE VEUX ME SUCER LE NOMBRIL
JE VEUX ME SUCER LE NOMBRIL