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Les POèmes

L’essaim des mondes

dessin de femme au parapluie coeur

sa fente (l’essaim des mondes) où j’avançai caché (ne sachant d’où je viens) (ne sachant où aller) où veut-elle elle hésite (et fait se balancer les mondes) où j’avançai caché


réduit comme retenu (à moi même) que je dois retenir (j’oublie tout) le goût de ses lèvres (celui de ses seins celui de son sexe) où je fonçai tête baissée (au point de s’oublier)


quand l’étreinte fait retour (que son rire se rappelle à toi) tu es soudain (où tu te sens) entier, nu, dans cette chambre regardée


nous gardions ça pour nous (la girouette au plafond) le goût du sucre sur la bouche (les hésitations les colères) les tremblements de nos corps emmêlés


le vacillement des lieux (quand les paupières virevoltent) nos horizons qui se dispersent de partir en fumée (on se dispense de tout) (on disparaît de l’horizon)


brouillard (nuit blanche) légère gelée sur ta bouche (empreinte des draps contre corps nus) nous nous sommes déshabitués de notre nudité (nous sommes vêtus des loques de notre avenir)


le vacillement d’âmes mortes d’avoir trop aimé (leur ravissement) des corps ensevelis sous des silences étroits


(la carne) l’incarnation de leurs meurtrissures secrètes (je t’en ai trop donné) le chien fou court après sa queue tendue vers toi


sueurs solidaires de leurs amours animales (elle grogne et mord les draps) elle sourit (le chien grogne et aboie)