sursaut de l’enfance

Dessin bonhomme visage jaune sur fond bleu
 
d’un calcul au sursaut de l’enfance (toujours ce même sort qui circule) entre les murs de l’enfance (visage floué) n’est qu’une tendance à l’écrasement des craies grasses (je reconnais ton effacement) tu t’es toujours effacé (à travers les murs) l’épuisement d’un corps tendu vers nous (toujours cette même mort qui s’enfle et se refuse à crever)
tes cendres desquelles on te ravive (comme une invitation à revenir) venir hanter le mort que nous habitons presque malgré nous (ton souffle désespéré) tes illusions gâchées par cette forme d’empreinte humiliée de toi (tu voulais t’arracher le cœur) don infini d’amour ton cœur nous continue de battre (malgré la mort) (c’est un moindre mal) ta présence sur laquelle fermer les yeux (tu me serres la main comme pour la broyer) dans l’inexistence de mon être
en train de te dire (toi qui n’es comme plus) ou comme de trop (toi qui excèdes l’impensable de tes plaies) tu dissimules ton nom (dont je connais la consonance) tu viens d’ailleurs et je ne saurais dire (d’où comment) maintenant tu reviens vers ce que je crois être morceau de moi (je ne saurais dire qui) (quoi) je ne saurais dire pourquoi (maintenant tu es là)

Interview Dinosaure d’Edouard Monnerot-Dumain

icon de dinosaure drôle
On est pas des experts en dino. Du coup, pour la revue de poésie dinosaure (dispo ici :  revue dinosaure) on a fait appel à des durs à cuire du fossile, des maestro du stégosaure, des cracks de théropodes, des muses du Jurassique, des fous de la dino volant, on a demandé aux administrateurs de la page des dinosaures jusqu’aux temps modernes de nous éclairer sur tout ça.
 
Avec la savante participation de Diguet Marion, To Stanis et Edouard Monnerot-Dumain.

silence des tissus

je m’étais promis (plus jamais) il a suffi d’un déplacement d’air (généré par toi) le mouvement de tes lèvres (sans même je crois t’en rendre compte) (tu as cette délicatesse) auprès du mur (je m’abandonnai) sans même je crois m’en rendre compte (indélicat comme je sais l’être parfois) il a suffi d’un mouvement de tes lèvres (je m’abandonnai) à ton battement de cils (à l’écoute des moindres de tes pulsations)
patience disais-tu (tout s’efface) même cette encre indélébile sur la peau (maquillage imposé par la situation) certains dorment encore (tu dois faire preuve de patience) ôter le maquillage sur ta peau (gratter) tu grattes la peau (jusqu’au saignement) puis te replies rêveusement (merveilleux écorchements) dans la béance d’un corps en plein effleurement

efflorescence des corps qu’on malmène (dont on oublie l’empreinte) le va-et-vient au creux de tes veines (tu sens venir l’ivresse souterraine) les bruits de fond qui fleurent à la surface (tu te maintiens) à la surface (tu ne connais d’autre profondeur) que la surface
tu retiens ton souffle (l’angoisse te saisit au ventre) puis ailleurs (sur toute la surface du corps) la surface des entrailles (celles qui croissent à l’intérieur du crâne) tu as perdu la mémoire (le souvenir de l’oubli) qui encore te permettait de t’inscrire (quelque part) au sein d’une parole (ta parole) tu n’as plus de parole qu’une longue membrane (surface des corps qui se touchent et se frôlent) tu maintiens le silence des tissus (ces tissus sourdement t’étranglent)