MARMITE

Un premier monstre vint
Pour voir la fleur
Au cœur,
Au creux
Au ventre encore non éclose

Mais son corps en bougeant et
Tout geste de ses bras
Amenaient avec lui les souffles longs qu’ont les automobiles,
La puanteur et les particules bougeaient avec lui,
Et la glorieuse fleur ne s’ouvrit pas.
Un second monstre vint
Pour voir la fleur au cœur
Au creux
Au ventre encore non éclose.
Mais son odeur excentrique et chargée de parfums
Des cuissons de sésames du fin fond du monde
SI tant est que le monde
MONSEIGNEUR
est une MARMITE,

par delà l’empreinte des corps

par delà l’empreinte des corps (à la surface même) d’où me parles-tu (de la surface même) elle s’étend (tendre ça vers) tendrement (veuillez arrêter s’il vous plaît de prier satan) les corps s’absentent (il s’agit d’un épiderme) dans les couloirs électriques du toucher (l’esprit vacille) au contact d’une peau commune (on se communique) (on semble même parfois s’entendre) les nuages s’étendent sous nos pieds (on se doit de communiquer notre étreinte) nous n’avons d’ordres à recevoir de personne (nous sommes deux singes dansant à cloche-pied) à qui sont ces (lambeaux de peaux qu’on arrache) il s’agit d’une danse (de sorcellerie) (de magie noire) personne n’est ici par hasard (on le sait bien) on s’en fout (nous sourions de notre coïncidence)