Danse mécanique

personnage double tête
leur danse mécanique et grotesque dégouline (le grincement des dents) celui du sommier leur corps ne faisant qu’un (avec l’implant) l’implacable vague d’âme

d’une scission impossible (on les aperçoit danser) derrière les rideaux clos (on les entends souffler de leurs naseaux en creux d’enfer)

naseaux de fureurs et d’amours chiennes (l’autorité leur tombe des mains) ils dansent alors dessus et à cloche-pied tant ils se foutent pas mal du temps

(demain on joue à la marelle) sur les traces des autorités le corps s’étend dit-on et de son propre chef (depuis longtemps sous aucun contrôle) on le voit s’étaler piteusement

demain toujours la même tambouille (il tambourine) on s’en fout disent-ils nous sommes ensemble et nous sommes fous (l’éternité leur tend la main)

le temps s’est arrêté de leur donner le tournis (ils jouent les équilibristes) se jouent d’équilibres dont ils inventent les propres règles (en griffonnant de multiples courbes)

on les entends rire et ronfler de très loin (leur sommeil a la lourdeur des arrachements de paupières) elle halète et se rit d’un cauchemar où l’un d’eux devenait chien (ils aboient tous les deux à la lune et se reniflent le cul)

toute la nuit ils ont dormi cul nul (sous la lune) ils ont dormi cul nul toute la nuit sous la lune l’un blotti contre l’autre

L’essaim des mondes

dessin de femme au parapluie coeur
sa fente (l’essaim des mondes) où j’avançai caché (ne sachant d’où je viens) (ne sachant où aller) où veut-elle elle hésite (et fait se balancer les mondes) où j’avançai caché

réduit comme retenu (à moi même) que je dois retenir (j’oublie tout) le goût de ses lèvres (celui de ses seins celui de son sexe) où je fonçai tête baissée (au point de s’oublier)

quand l’étreinte fait retour (que son rire se rappelle à toi) tu es soudain (où tu te sens) entier,

Tristosaurus

flagadasaurus tristopode mal errant carcasse sans feeling
mou du genoux sous le branle-glas des ciels grisopodes mochosaures
cerveau mésozoïque
larvozoïque
lacrymozoïque
flasquorex
te laisse dans la bouche un flasque-out fadasse de black-limace
te round en rond en les morves nébuleuses secondes
des sanglots moule-yeux brusques cratères violets préfixes de nuit
hurle comme une cafetière
des bonds d’un mètre cinquante au moins
angoisse moelle fossile puanteur de chasse d’eau de chiotte de bar pourri pseudo anarchique qui sent
les moroses pissées
le tronçon du nez pas droit avec tout ça désaxé
suis-je encore un carnivore I love viande crue
dans le tout du dehors lourd de la graille épaisse brouillard du cul d’un yacht
mieux pas mieux
la frousse-ombre
stegoflageolante
la gueule de tartinosaure du bon matin une mue d’huile de friture laqueuse
pleuvant des slugs noires excitées sur les BM des bad fils de bitch
tout à valdinguer tout à crasher tout à émietter intégrale
en tas d’extinctions excavatrices
enfourner dans les grandes matrices d’étoiles et laisser cuire des siècles et des siècles
des millénaires
qu’on n’y voit plus rien que le que dalle
juste une strate relaxe
tous les fossiles ont l’air de se la couler douce un grand sourire en l’air
à s’en désosser l’os
ouvert comme une pastèque mûre juteuse suintante
le jour où tout bascule on s’accroche à tout ce qu’on peut les bouts de cheveux les bouts d’ongles les bouts de fenêtres
les bouts de poubelles les bouts d’os les bouts de dents les bouts de yeux les bouts de lavabo les bouts de pianos
les bouts de craie les bouts d’idées les bouts de morale les bouts de mots
avant de replonger ses mains dans la terre des insectes à racines de palabre de jonquille
s’emmitoufler de labours
de branches asphyxiées
raconter les histoires d’avant
J’ai connu les châteaux kebab les dieux babioles les luttes de cash les sourires qui montent au nez les burgers
T-rex les sexes auto-applicatifs les vaches happy les crevettes décortiquées les métros en pisse de joie
les pastilles de vaisselle les poulets sans viande et les bélougas.

MARMITE

Un premier monstre vint
Pour voir la fleur
Au cœur,
Au creux
Au ventre encore non éclose

Mais son corps en bougeant et
Tout geste de ses bras
Amenaient avec lui les souffles longs qu’ont les automobiles,
La puanteur et les particules bougeaient avec lui,
Et la glorieuse fleur ne s’ouvrit pas.
Un second monstre vint
Pour voir la fleur au cœur
Au creux
Au ventre encore non éclose.
Mais son odeur excentrique et chargée de parfums
Des cuissons de sésames du fin fond du monde
SI tant est que le monde
MONSEIGNEUR
est une MARMITE,