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Les POèmes

silence des tissus

je m’étais promis (plus jamais) il a suffi d’un déplacement d’air (généré par toi) le mouvement de tes lèvres (sans même je crois t’en rendre compte) (tu as cette délicatesse) auprès du mur (je m’abandonnai) sans même je crois m’en rendre compte (indélicat comme je sais l’être parfois) il a suffi d’un mouvement de tes lèvres (je m’abandonnai) à ton battement de cils (à l’écoute des moindres de tes pulsations)

patience disais-tu (tout s’efface) même cette encre indélébile sur la peau (maquillage imposé par la situation) certains dorment encore (tu dois faire preuve de patience) ôter le maquillage sur ta peau (gratter) tu grattes la peau (jusqu’au saignement) puis te replies rêveusement (merveilleux écorchements) dans la béance d’un corps en plein effleurement

efflorescence des corps qu’on malmène (dont on oublie l’empreinte) le va-et-vient au creux de tes veines (tu sens venir l’ivresse souterraine) les bruits de fond qui fleurent à la surface (tu te maintiens) à la surface (tu ne connais d’autre profondeur) que la surface

tu retiens ton souffle (l’angoisse te saisit au ventre) puis ailleurs (sur toute la surface du corps) la surface des entrailles (celles qui croissent à l’intérieur du crâne) tu as perdu la mémoire (le souvenir de l’oubli) qui encore te permettait de t’inscrire (quelque part) au sein d’une parole (ta parole) tu n’as plus de parole qu’une longue membrane (surface des corps qui se touchent et se frôlent) tu maintiens le silence des tissus (ces tissus sourdement t’étranglent)